S.H.B.M.S.H.

Société d'histoire de Belœil-Mont-Saint-Hilaire

La rue Prince Edward d'Otterburn Park

En 1912,  Ernest Spiller et David Mason recherchaient un terrain propice pour un développement domiciliaire. Ayant pris le train à Montréal à destination de Saint-Bruno, ils s'y assoupirent et ne se réveillèrent qu'à Saint-Hilaire, à proximité du parc d'attraction Otterburn des frères Campbell. Grand bien leur en fit puisque le lieu les enchanta au point qu'ils décidèrent d?établir là leur projet de lotissement.

Leur association dura quelques années après quoi, en 1918, ils mirent fin à leur association et se partagèrent les actifs. Ils continuèrent chacun de leur côté à développer leur secteur respectif. Bien que l'histoire d'Otterburn Park remonte bien avant l'arrivée de Spiller et Mason, leurs réalisations sont encore très visibles dans l'actuelle municipalité, ne serait que dans sa configuration et le nom de ses rues.

Le 22 octobre 1920, Ernest Spiller acquit d'Arsène Auclair une partie du lot 130 qui s'étend actuellement depuis le chemin Ozias-Leduc à la rue Mountainview et est borné par les rues Clifton et Eleanor. Rapidement il développa ce secteur en y attirant des gens de Montréal et plus particulièrement ceux de la Pointe Saint-Charles et donna à la rue traversant ce lotissement le nom de Prince Edward.

La rue Prince Edward fut ainsi nommée en l'honneur du Prince de Galles qui en 1898, présida à la réouverture du pont Victoria, dès lors doublé d'une voie carrossable. À cette occasion, Colin Campbell, co-seigneur de Rouville, eut l'honneur de loger l'illustre personnage en son manoir de Saint-Hilaire. Écarté du pouvoir par sa mère, Victoria, le prince mena une jeunesse dissipée et fut une des personnalités les plus célèbres du Paris de la « belle époque ». Il devint Roi de Grande-Bretagne et d'Irlande à l'âge de 60 ans en 1901, sous le nom d'Edouard VII.

Une première pétition avait été adressée au conseil municipal de la paroisse de Saint-Hilaire le 23 mai 1924, signée par quarante-quatre propriétaires et contribuables d'Otterburn Park demandait la municipalisation de la rue Prince Edward et de son prolongement pour relier le rang du bord de l'eau (chemin des Patriotes) au rang des Trente (Ozias-Leduc). Devant l'inertie du conseil, une seconde requête signée par Messieurs Spiller et Auclair demandaient à leur tour l'ouverture du susdit chemin contre la cession du terrain sur une largeur de cinquante pieds.

Le 2 juin 1924, le conseil municipal présentait une résolution stipulant que « pour les besoins du trafic, pour l'accommodation du public en général aussi bien que pour l'augmentation en valeur de la propriété foncière située dans les limites de la municipalité, il serait nécessaire d'établir, ouvrir, construire, maintenir puis entretenir et réparer convenablement [un] chemin et [le] déclarant chemin municipal sous le contrôle et la direction de la municipalité ». Le 24 septembre suivant, la municipalité adoptait le règlement numéro 68 établissant l'avenue Prince Edward comme voie municipale.

 — Alain Côté, 1999
1898, c'est la réouverture solennelle du pont Victoria qui a été doublé d'une voie pour les voitures. Le Prince de Galles préside l'événement. Il apparaît ici, à l'issue d'une réception; à sa gauche, nul autre que Colin Campbell qui eut l'honneur de le loger en son manoir. SHBMSH, fonds Armand-Cardinal.
1898, c'est la réouverture solennelle du pont Victoria qui a été doublé d'une voie pour les voitures. Le Prince de Galles préside l'événement. Il apparaît ici, à l'issue d'une réception; à sa gauche, nul autre que Colin Campbell qui eut l'honneur de le loger en son manoir. SHBMSH, fonds Armand-Cardinal.

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