S.H.B.M.S.H.

Société d'histoire de Belœil-Mont-Saint-Hilaire

La maison Monast-Lahaise

Lorsqu'on quitte le chemin de la Montagne pour s'engager sur le chemin des Moulins, on ne peut s'empêcher de ralentir pour contempler une de nos belles vieilles maisons : la maison Monast-Lahaise. Située sur un grand terrain de plus de 65 000 pi2 (6 115 m2), à la jonction des deux chemins, elle a été construite vers 1808.

Dans le secteur qu'on appelle  « la Montagne », il s'agit de la plus ancienne concession de terre, effectuée officiellement par René-Ovide Hertel de Rouville à Jos Vinet dit l'Allemand en 1783. Celui-ci vend sa terre à Jean Chalifou, dont la veuve la revend à Joseph Monast dit Jolicoeur le 8 juillet 1799. Jusque-là, les actes notariés ne font pas mention d?une maison de pierre.

Originaire de Saint-Mathias, Joseph Monast (aubergiste comme son père) y avait épousé en 1788 Angélique Rebelliau dit Lajoie qui décède en 1808. Lors d'un second mariage avec Charlotte Macé, et comme le veut la coutume du temps quand il y a des enfants mineurs, on dresse un inventaire des biens et c'est dans ce document qu'on mentionne l'existence d'une maison en pierre « à demi rachevée ». À la mort de Joseph Monast en 1822, un nouvel inventaire nous révèle que la maison de pierre est complétée. On ne sait pas combien de temps la terre demeure dans la famille Monast mais on sait que la maison fut abandonnée quelques années jusqu'à ce qu'elle soit achetée par le nouveau meunier du seigneur Campbell en 1848 : François-Xavier Lahaise.

Marié à Émilie Déry depuis 1835, il s'y installe avec sa famille qui compte déjà 6 de leurs 13 enfants. François Lahaise sera le responsable du moulin seigneurial jusqu'à sa mort en 1885. Son fils François-Louis (Francis) prend la relève jusqu'à la fermeture du moulin en 1919. François-Xavier Lahaise et ses descendants auront habité cette demeure jusqu'en 1988, soit pendant 150 ans !

La maison Lahaise possède la plupart des caractéristiques de l'architecture monumentale, quoique de moindres dimensions que ses semblables. C'est un édifice de deux étages aux lignes sobres, dénué d'artifices, possédant une agréable symétrie des ouvertures (fenêtres, portes et cheminées) et un toit à pente douce. Au début du XIXe siècle, ce type de construction diffère de celui dit traditionnel d'un étage et demi (comme la maison L'Heureux sur le chemin des Patriotes). Cela permet au propriétaire d?exploiter un commerce et d'y habiter.

Lors d'un examen approfondi de la maison en 1991, on remarque qu'à l'origine la maison devait posséder un toit à quatre versants et des cheminées beaucoup plus imposantes que les cheminées en brique qu'on peut voir de nos jours. D'ailleurs, les foyers d'origine ont disparus. Armand Cardinal, le fondateur de notre Société d'histoire, y aurait bien vu une maison de la culture pour Saint-Hilaire, mais les coûts de restauration (ou à tout le moins de rénovations) s'avéraient prohibitifs. Néanmoins, les actuels propriétaires semblent conscients de la valeur que peut avoir cette demeure presque bicentenaire et c'est une chance pour nous tous de pouvoir toujours l'admirer... au détour du chemin.

 — Anne-Marie Charuest, 1999
Façade actuelle de la maison Manast-Lahaise au 411, chemins des Monlins, Mont-Saint-Hilaire. SHBMSH, fonds Armand-Cardinal.
Façade actuelle de la maison Manast-Lahaise au 411, chemins des Monlins, Mont-Saint-Hilaire. SHBMSH, fonds Armand-Cardinal.

Retour aux capsulesRetour en haut

© 2003-2009 Société d'histoire de Beloeil-Mont-Saint-Hilaire. Tous droits réservés.
Conçu par Félix Cloutier