S.H.B.M.S.H.

Société d'histoire de Belœil-Mont-Saint-Hilaire

Les chantres de l'église de Saint-Mathias

Les livres de comptes de la fabrique de Saint-Mathias contiennent de précieux renseignements sur la vie musicale de la paroisse. Ainsi en 1784, on peut y lire que Monsieur Dejadon est rémunéré comme chantre de la paroisse, et nous savons de ce fait qu'il est fort probablement le premier chantre de cette église. Le bonnet carré de couleur noire faisait partie à l'époque du costume des chantres. L'achat de « quatre bonnets carrés » ainsi que « cinq jeux de livres de chant » nous apprend qu'au moins quatre chantres étaient présents à Saint-Olivier en 1803 (appellation de la paroisse Saint-Mathias avant 1809).

Pendant quelques années, les chantres ne recevront plus de salaire fixe; ils seront payés par leur part des casuels, c'est-à-dire le montant supplémentaire pour le chant que les paroissiens payent à l'occasion des services funéraires, des messes anniversaires etc. En plus de cette quote-part, ils bénéficieront de la gratuité de leur banc et du service religieux à leur décès. Entre 1816 et 1822, la fabrique paiera l'« enterrement » des chantres Jean-Baptiste Bertrand et Michel Gilbert.

La rétribution annuelle des chantres est rétablie en 1818, mais seul le premier chantre ou maître chantre se prévaut alors d'un salaire. Étienne Bertrand (peut-être le fils de Jean-Baptiste) remplit les fonctions de premier chantre en 1825 au salaire annuel de 200 livres. Toujours en fonction en 1840, son salaire est augmenté à 300 livres par année. Mais ce montant alloué au chant ne plaît pas à l'évêque Jean-Charles Prince qui recommande, suite à sa visite en 1853, « de faire étudier le plain-chant à des jeunes gens aptes et de bonne volonté afin d'éviter plus tard la dépense si onéreuse de rétribution des chantres autrement que par leur casuel, et tout en plus par la gratuité d'un banc ». Cette recommandation ne sera pas appliquée et les musiciens continueront toujours à recevoir un salaire pour leurs services.

I.M. Côté est chantre de Saint-Mathias de 1864 à 1868. Si quelques billets de sa main démontrent, par une écriture soignée, que le chantre Côté avait une certaine éducation, le contenu témoigne par contre d'un besoin d'argent récurrent puisqu'il demande à plusieurs reprises une avance sur son salaire. Monsieur Côté aura comme successeurs les chantres Guérin (1868-1874), Hardy (1874), René (1874-1875), Nadon (1877), Verner (1877-1882) et Antoine Riendeau (1887).

Vers la fin du 19e siècle, les livres de comptes de la fabrique de Saint-Mathias se font de plus en plus discrets sur les personnages qui contribuent à la vie paroissiale. En reprenant leur fonction essentielle de livre de comptabilité, ils font ainsi appel à la mémoire des paroissiens pour compléter la lignée des chantres qui ont participé à la vie musicale de leur église.

 — Johanne Hébert, M.A. musicologie 1999
L'église de Saint-Mathias et son enclos paroissial. SHBMSH, fonds Armand-Cardinal.
L'église de Saint-Mathias et son enclos paroissial. SHBMSH, fonds Armand-Cardinal.

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