S.H.B.M.S.H.

Société d'histoire de Belœil-Mont-Saint-Hilaire

Vieux souvenirs concernant le mont Saint-Hilaire

Les trois premiers paragraphes datent de 1916. Cet article a paru pour la première fois dans un hebdomadaire local, vers 1946. Les notes entre parenthèses sont de Monique Martineau-Clerk. Un conseil aux personnes qui conservent découpures de journaux et vieilles photographies : identifier les personnes, les lieux et y inscrire la date... pour la postérité!

Le mont Saint-Hilaire, dans le comte de Rouville, révèle de nombreux souvenirs historiques. Il y a 75 ans (en 1841), une chapelle s'érigeait à l'endroit où est maintenant la croix. Un chemin de croix était échelonné le long du Pain de Sucre et montait jusqu'à cette chapelle qui fut plus tard incendiée. Après avoir été longtemps négligé, le chemin de croix sur la montagne fut finalement détruit

Par opposition, se trouvait un lieu d'amusement, salle de danse, chaloupes, yachts, etc. au lac Hertel de Rouville situé au bas du Pain de Sucre. Il existait encore il y a une trentaine d ' années (1916).

Vingt ans auparavant (en 1895), le fameux Iroquois House fut incendié pour la seconde fois. Cet hôtel, comparable au Ritz-Carlton et le plus fashionable de l'époque, était situé entre le lac et le Chemin du rot. Des millionnaires américains et des seigneurs de la province, y compris M. de Boucherville, M. de Ramezay et le seigneur de Saint-Charles, s'amenaient au mont Saint-Hilaire avec leurs domestiques et leurs chevaux pour y passer leurs vacances. Ils descendaient bien entendu à l'hôtel des Iroquois où se réunissait la meilleure société de l'époque. Ce manoir appartenait à la famille Campbell.

Les nombreux et vieux moulins du mont Saint-Hilaire en font un endroit pittoresque. Le premier meunier de l'endroit fut Joseph Rousseau qui exploita le « moulin banal » à farine et à carde de la seigneurie de Rouville pendant que son voisin Jules Gauthier fabriquait à la main des haches et des couteaux.

À deux cents pas plus bas, Pierre Lahaise exploitait un autre moulin farine de la seigneurie. À trois cents pieds plus bas encore était un moulin à bois construit par un loyaliste américain, John Lisbeth, et exploits par Alexis Déry.

Un autre loyaliste américain, Massey Southwick, construisit un moulin pour broyer le lin, faire de la toile, de la paille et de la corde où l'on employait 25 hommes. Ce même propriétaire faisait aussi de l'emploi dans une autre bâtisse, avec four qui existe encore. Le « Moulin Lisbeth » fut incendié et reconstruit par Thomas Edmund Campbell en 1848 à son arrivée d'Angleterre. Ce moulin fut successivement exploité par François-Xavier Lahaise, par son fils François-Louis et par le fils de celui-ci pendant 84 années consécutives. Il est aujourd'hui (depuis 1929) propriété de Thomas Guérin, député de Sainte-Anne et fils de l'ancien maire de Montréal.

À proximité du moulin Lisbeth se trouvait un autre moulin où l'on chauffait la farine d'avoine, la roulait et la passait au tamis pour finalement la mettre en sacs. Celui-ci date de 150 ans.

À remarquer qu'au mont Saint-Hilaire, les moulins marchaient avant même qu'on fît construire l'église. Les gens d'alors se promenaient dans des voitures dont les roues étaient faites avec des troncs d'arbres.

Un moulin à scie se trouvait plus bas que le moulin à carde exploité par Edesse Ducharme, un des chefs de la rébellion de 1837. À 10 arpents plus loin, Archibald Campbell avait son moulin à farine exploité par Louis Désy. Plus loin encore était le moulin à carde et à scie de Charles Desourdis de Cabarac, dit Moreau. Son frère s'appelait Pierre Villebon de Verchères et personne ne sait pourquoi il changea de nom. Question de mode, sans doute. En haut de chez les Caya, il y avait une manufacture maintenant disparue, de râteaux, de fourches, d'instruments aratoires en bois. Tous les moulins sont disparus et les domaines ont été transformés en résidences à l'exception de celui de Southwick dont on a fait une manufacture de barils à pommes appartenant à Edmond Leduc.

Le seul moulin en exploitation aujourd'hui est le moulin à carde centenaire d'Edesse Ducharme et cet autre exploite par Larose et Dansereau où l'on presse des pommes pour en extraire le jus.

À la Brasserie de Saint-Hilaire, appartenant à Félix Martin et à André Gadbois, on vendait autrefois la bière à 10 centimes la pinte.

Il y a 75 ans, le mont Saint-Hilaire avait 2 forges pour les besoins de la population, celle d'Alexis Brunei et celle de Pierre Germain.

Les artisans habiles ne manquaient pas non plus. Citons entre autres la famille Leduc qui se spécialisait dans la fabrication de meubles et des voitures faites à la main; la famille Cyrille Viens composée de maçons compétents; la famille Félix Martin dont les membres étaient des constructeurs et des décorateurs d'églises. Le fini artistique du temple de Saint-Hilaire est dû au génie créateur d'Ozias Leduc, artiste-peintre réputé et octogénaire de Mont-Saint-Hilaire.

Nous devons ces notes historiques à Thomas Lahaise, fils de Télesphore Lahaise, tous deux citoyens bien connus et estimés du mont Saint-Hilaire.

 — Télesphore Lahaise, 1994

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