S.H.B.M.S.H.

Société d'histoire de Belœil-Mont-Saint-Hilaire

Ozias Leduc, le sage de Saint-Hilaire

Tout le monde à Saint-Hilaire connaît Ozias Leduc. On a donné son nom au chemin long de trois kilomètres qui contourne le mont Saint-Hilaire et conduit vers Saint-Mathias, à une école polyvalente qui regroupe 1 500 écoliers et 85 enseignants ainsi qu'à un mini-centre commercial et à une galerie d'art. Qui était ce petit homme barbu dont le nom est omniprésent à Saint-Hilaire?

Ozias Leduc est né le 8 octobre 1864, le deuxième des neuf d'Émilie Brouillette et d'Antoine Leduc, menuisier et pomiculteur. La maison dans laquelle il est né, une modeste bâtisse blanche, en bois, existe encore, voisine du 272 chemin Ozias Leduc, à Saint-Hilaire.

À la petite école du rang des Trente, le jeune Ozias révèle déjà des aptitudes pour le dessin. Plus tard, maître Galipeau de l'école modèle de la rue Saint-Hippolyte au village, impressionne par le talent de son élève, lui prête des livres d'images à étudier et à copier.

Comme tout enfant de cultivateur, Ozias aide aux travaux de la ferme : pelleter la neige, lever les oeufs, sarcler le jardin, soigner les animaux, travailler au verger. Dès qu'il dispose de quelques minutes, il dessine et, avec le rare argent qu'il gagne, achète papier, fusains, couleurs. Son talent se développe, ses sujets se multipllent ? sa mère, son père, ses frères et sœurs, ses voisins deviennent ses modèles.

À dix-neuf ans, Ozias trouve un emploi comme coloriste chez T. Carli, mouleur de statues en plâtre de Montréal. Leduc y fait la connaissance d'un client de l'atelier, le décorateur d'églises Luigi Capello, à qui il offre ses services. Lorsque Capello entreprend la décoration de l'église de Yamachiche, il se souvient du jeune coloriste et l'engage comme apprenti.

Leduc apprend à ériger les échafaudages, à mélanger les couleurs, à découper les pochoirs, à reporter sur les murs les croquis agrandis au carreau, à maroufler les toiles. Une fois ces techniques maîtrisées, Leduc les exercera jusqu'à la fin de sa longue vie comme artiste décorateur d'églises.

En effet, Ozias Leduc concevra et exécutera le décor intérieur de trente églises et chapelles au Québec, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, au Manitoba et en Nouvelle-Angleterre jusqu'à l'annexe de sa mort en 1955. Parmi ces nombreuses réalisations, l'église de Saint-Hilaire constitue sans contredit son chef-d'oeuvre.

Entre les contrats d'églises, Leduc revient à son domaine de Correlieu, car ainsi a-t-il décidé de nommer le verger acquis de son père. Il voit à tailler ses pommiers, à les vaporiser d'insecticides, à faire les foins, à récolter, classer et vendre ses pommes.

Il travaille de longues heures dans son atelier; c'est là qu'il conçoit et planifie les ensembles de décorations d'église et qu'il exécute les croquis et les grands tableaux religieux qui en orneront les murs. C'est à Correlieu aussi qu'il compose natures mortes, paysages, portraits, et illustrations de livres. Il expose ses tableaux à Montréal au Salon du printemps, à l'Art Association, à la salle Cavallo, à la Bibliothèque Saint-Sulpice ainsi qu'à la Canadian National Exhibition de Toronto.

En 1906, il épouse Marie-Louise Lebrun. Ils n'auront pas d'enfants. Madame Leduc est décédée en 1939. Bien que sa vie d'artiste peintre et de pomiculteur semble être bien remplie, Ozias Leduc accepte, en 1918, de se porter candidat comme commissaire d'écoles pour l'arrondissement numéro 2 du rang des Trente. Il remporte non seulement l'élection, mais il est élu par les autres commissaires président de la Commission scolaire, fonction qu'il exercera pendant deux termes de deux ans.

Comme il fallait s'y attendre, des soucis d'ordre esthétique préoccuperont le président Leduc au travers de ses responsabilités administratives : il engage ses collègues à planter des arbres sur l'emplacement de l'école de leur arrondissement et, pour assurer qu'écoliers et écolières soient initient aux arts le plus tôt possible, il fait acheter au coût de 21 $, cinq gravures encadrés de scènes patriotiques et religieuses pour chacune des cinq écollettes de la paroisse.

Une importante commande pour décorer la chapelle de l'évêché de Sherbrooke oblige le président Leduc à quitter la Commission scolaire en 1922. Il s'adjoint, pour ce travail, un jeune apprenti peintre hilairemontais, Paul-Émile Borduas.

 — Michel Clerk, 1994
Ozias Leduc vers 40 ans. SHBMSH, fonds Michel-Clerk.
Ozias Leduc vers 40 ans. SHBMSH, fonds Michel-Clerk.

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