S.H.B.M.S.H.

Société d'histoire de Belœil-Mont-Saint-Hilaire

Otterburn Park

La ville d'Otterburn Park faisait originairement partie de la seigneurie de Rouville que Louis XIII concédait à Jean-Baptiste Hertel en 1694.

La seigneurie se développa lentement et, presque cent ans plus tard, ne présentait qu'une suite d'habitations clairsemées le long de la rivière Richelieu. Le transport de personnes et de marchandises se faisait par canot ou par chaloupe. Une forêt de pins recouvrait ce qui est devenu Otterburn Park. Le sol des rives du Richelieu consistait en argile bleue.

Bruce, quatrièmes fils du seigneur Thomas Edmund Campbell, conçut le projet d'aménager un parc de plaisance dans la pinède d'Otterburn, près du pont de la voie ferrée. Il obtint de sir Joseph Hickson, président du chemin de fer Grand Trunk, d'y établir une station. En retour, Campbell offrit de nommer l'endroit Hickson Park. Mais sir Joseph y préféra Otterburn Park, en souvenir du comte d'Angleterre où il était né. C'est ainsi que le nom d'Otterburn Park parut sur les cartes de chemin de fer avant même d'exister en réalité

Le parc de plaisance fut sans contredit un succès. Des excursions de trains entiers partaient de Montréal, remplis de pique-niqueurs désireux de passer une journée à la campagne. Voici comment le propriétaire Campbell en vantait les attraits.

« Otterburn ? le plus vaste pare public du Dominion ? incluant des excursions à bord du vapeur Le Richelieu.  » Le parc exista jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Par la suite, il devint camp de vacances pour garçons. L'ancien parc forme aujourd'hui une zone de verdure qui divise Otterburn en deux parties.

Le territoire d'Otterburn demeura surtout rural bien que l'on construisit quelques maisons d'été près de la gare et au sud du parc de plaisance. Les premières rues portaient les noms suivants : Ferry Road, Main Road, Catholic Church Road, Station Road, etc.

On raconte qu'en 1912, Ernie Spiller et Dave Mason, spéculateurs de Montréal, prirent le train pour Saint-Bruno afin d'y chercher des terres à lotir et à revendre. En route, les deux voyageurs se seraient endormis pour ne se réveiller qu'au moment ou le train traversait le Richelieu. Dans la courbe du côté de Saint-Hilaire, le train ralentit; Spiller et Mason sautèrent du train. L'endroit leur sembla plus attrayant et mieux convenir a leur dessein. Les deux associés y achetèrent des terres et vendirent des lots de 70 sur 100 pieds au prix de 20 $ comptant. Les terrains furent achetés presque exclusivement par des travailleurs du Grand Tronc, employés à la Pointe Saint-Charles qui, pour s'y rendre, utilisaient leur laissez-passer de cheminots. Otterburn devint ainsi la première banlieue peuplée de ressortissants de Montréal.

Petit à petit, Otterburn abandonna sa vocation estivale. Des 1937, il y habitait assez de monde pour que l'évêque consentît à y faire célébrer une messe dominicale. Les paroissiens catholiques devaient payer le coût du chauffage de la chapelle pendant l'hiver. À cette époque, la traversée de la rivière était assurée par un bac de bois mû par une chaloupe à moteur et guidé par un câble fixé à chaque rive. Quatre autos ou deux camions pouvaient être traversés ainsi depuis le pied de la rue Connaught à McMasterville, de l'autre côté de la rivière. Ce moyen de transport fonctionna jusqu'à la construction du pont de Belœil- Saint-Hilaire en 1940.

Après la guerre de 1939-45, on construisit plusieurs maisons à Otterburn; la population augmenta rapidement. Le 17 décembre 1949, la municipalité de la paroisse de Saint-Hilaire, dont Otterburn faisait partie intégrante, fut amputée de la majeure partie de son territoire pour créer la municipalité de Mont- Saint-Hilaire. À la suite de cette séparation, la municipalité de la paroisse changea de nom pour devenir, en 1953, municipalité d'Otterburn Park.

Entre les années 1950 et 1960, il y eut énormément d'activités et de construction domiciliaire. Lorsque la population atteignit 3 500 personnes, en 1969, Otterburn reçut le statut de ville.

Bien que la plupart de ses citoyens gagnent leur vie a l'extérieur de ses murs, la ville d'Otterburn Park a développée un remarquable esprit communautaire. La montagne de Saint-Hilaire, la rivière Richelieu, les arbres et les espaces verts, les rues tranquilles, ses gens aimables et sa qualité de vie en font un endroit recherché ou l'on désire s'installer en permanence.

 — Alain Côté, 1994
Bruce Frederick Campbell, 4e fils de Thomas Edmond Campbell (1848-1943). SHBMSH, fonds Armand-Cardinal.
Bruce Frederick Campbell, 4e fils de Thomas Edmond Campbell (1848-1943). SHBMSH, fonds Armand-Cardinal.
Souvenirs d'Otterburn Park. SHBMSH, fonds Armand-Cardinal.
Souvenirs d'Otterburn Park. SHBMSH, fonds Armand-Cardinal.

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