S.H.B.M.S.H.

Société d'histoire de Belœil-Mont-Saint-Hilaire

Les premiers maîtres d'école de Belœil

Quand on considère le développement et la complexité du réseau scolaire au Québec, on a peine à imaginer à quel point ses origines paroissiales furent lentes et difficiles. À la fin du 18 e siècle, le Bas-Canada en était toujours a des balbutiements dans le domaine scolaire. On n'y trouvait évidemment aucune université et seulement deux collèges, le Séminaire de Québec et le Collège des Sulpiciens de Montréal

Les écoles n'apparurent que très lentement dans les campagnes de la province, bien après leur développement à Québec, Montréal et Trois-Rivières. Il n'y en avait que trois dans le Bas-Richelieu, une à Saint-Ours et deux à Saint-Denis. L'analphabétisme régnait partout. Les marchands et les professionnels (médecins, notaires), plus riches, pouvaient faire instruire leurs enfants dans les endroits où il y avait des écoles, mais pas les paysans, trop pauvres.

À Belœil, vers 1800, à peine 10 % des gens étaient capables de signer leur nom. Les femmes, comme dans les autres paroisses, étaient un peu plus instruites : 13 % savaient signer leur nom, contre 7 % chez les hommes. Presque personne ne possédait de livres. Les bibliothèques étaient très rares. Seuls le curé, le notaire, le médecin et les marchands avaient quelques livres.

Les premiers instituteurs allaient d'une maison à l'autre ou s'installaient pour quelques semaines dans la salle des habitants, au presbytère, pour enseigner aux enfants dont les parents étaient capables de payer l'instruction. Ces instituteurs se déplaçaient de paroisse en paroisse au gré de la capacité de payer de la population; on les appelait des maîtres ambulants.

Belœil a eu des maîtres ambulants pendant plusieurs années. Le plus ancien passe dans la paroisse en 1784, alors que la chapelle existe depuis 12 ans seulement. Au cours des décennies suivantes, plusieurs autres maîtres passeront occasionnellement.

La première école de Belœil est installée dans une maison léguée en 1815 par le curé Pierre Fréchette. Cette maison de bois existe toujours, au centre-ville de Belœil, au 969, Richelieu, à côté du gros édifice de pierre qu'on appelle le Vieux-Moulin.

Le premier maître d'école, Fabien Poutre, ne commencera à enseigner qu'à l'automne 1817 et pendant plusieurs annexes, les maîtres se succéderont au milieu de difficulté de toutes sortes : les héritiers du curé Fréchette prétendent que la maison est la leur; la maison est presque inhabitable, il n'y a presque pas de place pour une cour d'école, les enfants sont continuellement distraits par le bruit des charettes et des goélettes qui accostent au quai tout à côté. Sans compter que les maîtres eux-mêmes ne sont pas d'une conduite toujours exemplaire : l'un d'entre eux refuse de quitter la maison d'école après le non- renouvellernent de son contrat...Un autre se chicane dans l'auberge voisine et mange une raclée... Un troisième met une paroissienne enceinte et est contraint de la marier...

Les années 1820 sont des années de grande pauvreté. Les parents capables de payer l'instruction de leurs enfants sont peu nombreux; le curé doit payer de sa poche le salaire du maître; il fait appel au gouvernement pour obtenir une subvention...

Ce n'est qu'à partir de 1829, avec une loi scolaire prévoyant un salaire versé aux instituteurs, des subventions pour la construction de maisons d'école et pour instruction des enfants pauvres que l'instruction connaîtra un progrès sensible dans la province. À Belœil, on reconstruit l'école du village. On ouvre une deuxième école au Ruisseau de Belœil. Les deux écoles de la paroisse seront des écoles mixtes jusqu'à l'ouverture, en 1832, d'une première école pour filles dans la maison du village utilisée jusque-là pour les deux sexes.

 — Pierre Lambert, 1994
L'école des Trentes était située sur l'actuel boulevard l'Heureux, à Belœil, près de la rue Saint-Jean-Baptiste. Elle a été détruite par le feu en 1930. Sur la photo, on reconnaît, au centre, Mme Léa Lafontaine, institurice. Vous reconnaissez-vous? Ou votre grand-mère, ou votre grand-père? SHBMSH, fonds Pierre-Lambert.
L'école des Trentes était située sur l'actuel boulevard l'Heureux, à Belœil, près de la rue Saint-Jean-Baptiste. Elle a été détruite par le feu en 1930. Sur la photo, on reconnaît, au centre, Mme Léa Lafontaine, institurice. Vous reconnaissez-vous? Ou votre grand-mère, ou votre grand-père? SHBMSH, fonds Pierre-Lambert.

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