S.H.B.M.S.H.

Société d'histoire de Belœil-Mont-Saint-Hilaire

La croix sur le mont Saint-Hilaire

Saviez-vous, il y a de cela fort longtemps, que sur la montagne de Saint-Hilaire il y eut une immense croix visible à des kilomètres à la ronde ? Cette croix mesurait plus de 30 mètres (100 pieds) et fut érigée sur le Pain de Sucre en 1841 par monseigneur de Forbin-Janson, évêque et prédicateur français, au terme d'une campagne nationale visant à enrayer l'alcoolisme alors très répandu au Bas-Canada (le Québec d'aujourd'hui). Elle resta en place que peu d'années mais son érection fut considérée comme un fait marquant de notre histoire locale.

Le 6 octobre 1841, par une belle journée d'automne, quatre prélats, les évêques de Nancy, de Montréal, de Kingston et de Sydime, quittèrent le manoir seigneurial de Saint-Hilaire, dans le carrosse de l'Honorable de Rouville, pour se rendre à la montagne. Ils étaient accompagnés d'une longue file de 25 000 spectateurs en route pour le lac Hertel sur la montagne.

Une fois arrivée, l'évêque de Nancy prononce un premier discours. Par la suite il invita la foule à se mettre en marche pour monter au sommet de la montagne. Il bénit successivement chacune des 14 croix qui composaient le chemin de croix. Rendu au sommet du Pain de Sucre, l'évêque adressa un second discours à l'assemblée réunie autour de l'immense croix que l'on pouvait voir de toutes les campagnes environnantes. L'évêque rendit grâce à la famille du seigneur de Rouville qui avait généreusement contribué à l'érection de ce beau monument, en donnant le sommet de cette montagne pour y placer la croix et ce chemin de croix qui y conduit.

L'aspect de la croix nous a été relatée par un témoin oculaire. Seules quelques gravures subsistent dont un croquis d'Ozias Leduc fait à partir de témoignages. Cette croix de 100 pieds de haut, sur six de large et quatre d'épaisseur était recouverte en fer étamé et accessible par un escalier intérieur jusque dans les bras. Cette charpente était liée au rocher par 12 longues chaînes cramponnées dans le roc. À la base de la croix était une chapelle de 20 pieds carrés, dont le comble terminé en plate-forme, était assez vaste pour qu'on y ait pratiqué une galerie.

On disait de ce monument qu'il était indestructible. L'ouvrage était un des plus remarquables par la hardiesse de sa construction et surtout pour le sublime de son piédestal et le grandiose de ses environs. Malheureusement, cinq ans après dans la nuit du 13 au 14 octobre 1846, un fort vent rompit les chaînes et renversa la croix. La chapelle fut frappée par la foudre quelques années plus tard. Il n'en reste plus de nos jours que quelques fragments de bois conservés par des collectionneurs entre autres par le musée du Séminaire de Saint-Hyacinthe. Quelques crampons qui servaient à retenir les chaînes dans le roc sont encore visibles. S'il vous arrive de grimper sur le Pain de Sucre, essayez de vous replonger à cette époque où une croix édifiante surplombait la plaine.

 — Alain Côté, 1999
Réputée indestructible, la croix du mont Saint-Hilaire fut renversée dans la nuit du 13 au 14 octobre 1846 par un fort vent qui en rompit les chaînes ancrées dans le sol. SHBMSH, fonds Armand-Cardinal.
Réputée indestructible, la croix du mont Saint-Hilaire fut renversée dans la nuit du 13 au 14 octobre 1846 par un fort vent qui en rompit les chaînes ancrées dans le sol. SHBMSH, fonds Armand-Cardinal.

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