S.H.B.M.S.H.

Société d'histoire de Belœil-Mont-Saint-Hilaire

Le curé Isaïe Soly de Saint-Hilaire

Le 20 septembre 1860, un nouveau curé, l'abbé Isaïe Soly, arriva à Saint-Hilaire. La forte personnalité de ce prêtre allait marquer l'élite de la paroisse et, partant, le développement futur de notre ville.

« Auparavant vicaire à la cathédrale de Saint-Hyacinthe, écrivait Armand Cardinal, il se révéla dès son arrivée un curé entreprenant, un bon administrateur et un homme d'affaires. Il a le style du chef d'orchestre dont la paroisse avait besoin pour progresser. » L'oeuvre de ce pasteur, en six années, aura été de montrer à ses paroissiens à prendre en main leurs affaires.

« Soly s'intéresse à l'avancement de la municipalité, suscite l'incorporation du village, construit le premier aqueduc de Saint-Hilaire. Voilà certes des initiatives inusitées de la part d'un curé, mais cela a un effet salutaire : l'élite prend conscience de ses pouvoirs et, dès lors, sera de plus en plus présente aux affaires de la communauté et de la paroisse ».

En 1863, Saint-Hilaire est menacé d'une épidémie de fièvre typhoïde. « Le curé lance l'idée de construire un réseau d'aqueducs au village. Le 22 février, il fait rédiger par le notaire Pigeon un projet de société d'aqueduc en 21 articles regroupant messires Soly, curé, Isaac Vandandaigue, commissaire, Évariste Goulet et Guillaume Cheval, marchands, Charles Letestu et autres. Les parts auraient une valeur de 14 $ chacune, mais personne ne pourrait en détenir pour plus de 175 $. Les profits seraient partages selon la mise de chacun des actionnaires, chaque part donnant droit à un vote. »

À la même époque, « les limites du village sont établies à la requête des villageois [...] les deux entrées du village et de la paroisse sont formées et il est prévu qu'elles seraient régies par le même conseil. »

La création de l'aqueduc venait de forcer les élites à structurer leur village et leur paroisse. De même, la nouvelle société d'aqueduc prévoyait un comité de régie constitué d'actionnaires élus pour trois ans : messires Soly, Vandandaigue, Goulet, Letestu, Félix Martin, Pariseau et Lemoine.

Le réservoir, le canal et le fossé servant à passer le tuyau de l'aqueduc seront construits sur la terre de Charles-Étienne Letestu, à l'endroit où le comité jugera convenable et le moins dispendieux. En retour de ces droits, la société accordera douze parts au sieur Letestu et elle s'oblige à lui fournir l'eau pour sa maison et ses écuries.

La société octroie à Joseph Forget-Despatie de Terrebonne le contrat de perçage de 800 billots longs de dix pieds avec une tarière de deux pouces de diamètre et de les installer. Le fossé destiné à recevoir les billots sera creusé à raison de 4 $ l'arpent dans les champs et de 5 $ l'arpent dans les rues du village. Une importante coulée située sur la terre de Charles Letestu se prêtait bien à l'installation du bassin et des tuyaux devant retenir et alimenter l'aqueduc. Cette coulée était encore visible il y a quelques années. Plusieurs se souviennent du réservoir situé là ou se trouve le Motel Montagnard.

Avant de quitter Saint-Hilaire en septembre 1866, le curé Soly eut une dernière initiative, celle de s'adjoindre certains paroissiens qui s'engagèrent, devant le notaire T. Pigeon, à verser à la fabrique le coût de réparations devenues nécessaires à l'église Saint-Hilaire. Au cours de ses six ans de curé à Saint-Hilaire, le pasteur Soly avait enseigné à ses ouailles comment assumer leurs responsabilités. Quel précieux héritage il leur laissa!

 — Roger Saint-Jacques, 1994
Le curé Isaïe Soly de Saint-Hialire, 1860-1866. SHBMSH, fonds Armand-Cardinal.
Le curé Isaïe Soly de Saint-Hialire, 1860-1866. SHBMSH, fonds Armand-Cardinal.

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