S.H.B.M.S.H.

Société d'histoire de Belœil-Mont-Saint-Hilaire

Il y a trois cent ans dans Belœil et Rouville

Cette année 1994 marque le 300e anniversaire de l'histoire « officielle » des seigneuries de Belœil et de Rouville. C'est en effet le 18 janvier 1694 que les territoires forestiers où se trouvent aujourd'hui nos municipalités étaient identifiés pour la première fois. Des limites administratives étaient déterminées pour la première fois dans la plaine boisée autour du mont Saint-Hilaire. Les habitants de Belœil, Saint- Mathieu-de-Belœil, McMasterville, Sainte-Julie, Saint-Amable d'une part, Mont-Saint-Hilaire et Saint- Jean-Baptiste-de-Rouville d'autre part sont directement intéressés par cet anniversaire important.

En 1694, la région dans laquelle nous vivons était encore très peu habitée. C'était à l'époque de la Nouvelle-France et les combats contre les autochtones (les Iroquois) étaient très fréquents; on était aussi souvent en guerre contre les Anglais.

Parmi les Canadiens qui s'illustraient dans ces escarmouches et ces guerres d'embuscades, la famille Hertel, de Trois-Rivières, était particulièrement réputée. François Hertel et ses nombreux fils s'étaient mis au service du gouverneur Frontenac pour patrouiller le lac Saint-Pierre et protéger les Abénaquis, installés à Saint-François, contre les attaques iroquoises. Il fallait également se défendre contre les Anglais de Nouvelle-Angleterre et les Hertel ne donnaient pas leur place à d'autres au moment d'organiser des embuscades contre l'ennemi.

Après avoir combattu pendant plusieurs années, deux des fils Hertel, Joseph et Jean-Baptiste, obtenaient en récompense deux immenses territoires, les seigneuries de Belœil et de Rouville.

Ainsi, le 18 janvier 1694, Louis de Buade, comte de Frontenac et gouverneur de la Nouvelle-France, et l'intendant Jean Bochart, seigneur de Champigny, accordaient à Jean-Baptiste Hertel « concession de deux lieues (une lieue valait 3,9 km ou 2,4 milles d'aujourd'hui) de terres de front sur une lieue et demye de proffondeur, du coste du sud de la Rivière Richelieu, attenant à la seigneurie de Chambly, en descendant de la dite rivière vers les terres non concédées ». Quelques années plus tard, on donnera le nom de Rouville à cette seigneurie.

Le même jour et de la même façon, Joseph Hertel obtenait une seigneurie de la même dimension, face à celle de son frère Jean-Baptiste, correspondant à Belœil. En 1713, la seigneurie de Belœil était prolongée par « l'Augmentation de Belœil », une bande de terre d'une lieue et demie de profondeur en direction de Boucherville et comprenant Sainte-Julie et Saint-Amable.

Les frères Hertel ne tenaient pas en place et adoraient la vie militaire, surtout dans le cas de Jean-Baptiste. Joseph s'intéressait davantage au commerce des marchandises avec les Abénaquis. Ils ne s'établirent jamais dans leurs seigneuries.

La seigneurie de Rouville passera aux héritiers de Jean-Baptiste jusqu'à ce qu'en 1844, René Hertel de Rouville, ruiné, la vende au major Thomas Edmund Campbell, le premier des seigneurs Campbell.

Les héritiers de ce dernier, aux prises avec des difficultés financières démembrèrent graduellement la seigneurie. En 1892, il ne restait plus que le manoir, qui fut alors acheté par Mabel Allan Campbell, l'épouse de Colin, le plus jeune des fils du major. Mabel sera la châtelaine du manoir jusqu'à son décès en 1955. Le sculpteur Jordi Bonet acquiert la résidence en 1969. C'est maintenant une auberge réputée.

À Belœil, le premier seigneur Joseph Hertel vendit la seigneurie en 1711 à Charles LeMoyne, baron de Longueuil, et c'est ce dernier qui entreprit la colonisation, mais sans jamais y construire de manoir puisqu'il habitait dans son château fort de Longueuil. En 1901, lors du décès de Wilhelmine Dudding de Montenach, qui était alors seigneuresse, les droits seigneuriaux passèrent à plusieurs neveux et nièces établis en Angleterre jusqu'à leur rachat il y a quelques dizaines d'années.

Notre passé est rempli d'évènements passionnants que les amateurs regroupés dans la Société d'histoire apprennent à connaître ensemble

 — Pierre Lambert, 1994

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