S.H.B.M.S.H.

Société d'histoire de Belœil-Mont-Saint-Hilaire

Guillaume Cheval, maire et député

Dans la municipalité de Mont-Saint-Hilaire, à côté de l'église paroissiale, deux monuments rappellent d'anciens citoyens. L'un, sur lequel on peut lire Guillaume Cheval, a été posé à cet endroit grâce à l'initiative de la Société d'histoire et à la collaboration des autorités paroissiales. Les restes du cher homme, depuis qu'on a déménage l'ancien. cimetière, reposent dans le nouveau cimetière. Sa pierre tombale a été retrouvée dans la cave de l'ancienne résidence de sa fille, Évangéline Cheval-Lahaise, au coin des rues Sainte-Anne et Saint-Hippolyte, là où mourut en 1969 le docteur Guillaume Lahaise, poète connu sous le nom de Guy Delahaye et longtemps médecin du poète Émile Nelligan. Guillaume Lahaise était le petit-fils de Guillaume Cheval.

Qui donc était ce monsieur Guillaume Cheval? Propriétaire pendant de longues années au siècle dernier du magasin général de la rue Sainte-Anne (aujourd'hui un dépanneur) et homme d'affaires prospère, Guillaume Cheval joua un rôle important dans le développement de Mont-Saint-Hilaire. Juge de paix, président de la commission scolaire. maire de Mont-Saint-Hilaire, premier député de Rouville pendant deux mandats à Ottawa, père d'une famille nombreuse dont l'un des fils, Aquilas Cheval, devint également médecin et maire de Mont-Saint-Hilaire. Dans son histoire de Fondateurs de Saint-Hilaire , Armand Cardinal l'appelle le « coryphée de la place ».

Guillaume Cheval est l'un des principaux responsables de la construction du quai sur le Richelieu, du premier aqueduc du village et de l'installation, au couvent de Saint-Hilaire, des religieuses des Saint-Noms-de-Jesus-et-de-Marie. Descendant, par sa mère, du notaire Francois-Pierre Cherrier et neveu de Louis-Joseph Papineau, héberge à Saint-Denis pendant quelques semaines par le patriote le docteur Wolfred Nelson, il était partisan du libéralisme même s'il avait, semble-t-il, comme livre de chevet L'imitation de Jésus-Christ publie par les éditions Mame.

Libéral, il l'était en politique et aussi en religion, autant vis-à-vis de l'évêque de Saint-Hyacinthe, monseigneur Laroque, que de chacun des curés de Saint-Hilaire. À preuve l'événement qu'Armand Cardinal, dans l'oeuvre précitée, intitula « une affaire de cloche ».

En 1875, la paroisse vendra enfin l'ancienne petite cloche d'église qui, avec le temps, avait subi une fissure et sonnait faux. Mais quelle bataille le marguillier Guillaume Cheval a-t-il dû livrer pendant des années pour débarrasser la paroisse de cette fameuse cloche? À l'occasion de travaux de réfection au clocher, on avait déposé provisoirement sur le sol la cloche fêlée que le conseil de fabrique, contraint par la voix majoritaire du curé, désirait conserver. Décision entérinée d'ailleurs par monseigneur Laroque.

Mais ô mystère, une nuit, la cloche disparut. Curieusement, vers le même temps, Guillaume Cheval avait acheté de son propre chef, à Troy, aux États-Unis, une nouvelle cloche plus imposante et, il va sans dire, sans fêlure. Mais le vol sacrilège de la vieille cloche, bien d'église, fut la goutte qui fit déborder le vase et qui déclencha la colère de Monseigneur Laroque. On devinait bien qui était l'auteur de ce coup, mais on n'avait aucune preuve. L'évêque prit alors les grands moyens : il menaça d'excommunier la paroisse entière de Saint-Hilaire!

Le 29 octobre 1874, Monseigneur l'évêque signa une bulle d'excommunication devant prendre effet en dix jours. Le dimanche 1er novembre, l'abbé Decelles, vicaire à Belœil mais desservant à Saint-Hilaire, montait en chaire pour lire la bulle d'excommunication générale lorsqu'un paroissien vint lui souffler à l'oreille que la cloche volée, en balade on ne sait où depuis treize jours, était retrouvée! C'était la condition posée par l'évêque pour retirer la peine d'excommunication. Des hommes d'équipage du vapeur Chambly venaient de déposer la cloche fêlée sur le quai, en face de l'église. L'effet fut magique : plus de décrets, plus d'excommunication et tout le monde souffla mieux à Saint-Hilaire!

En page de garde de L'imitation de Jésus-Christ , a-t-on écrit, que Guillaume Cheval avait coutume d'apporter avec lui a Ottawa comme livre de chevet, sa fille, soeur Saint-Jacques des Soeurs Grises de Saint-Hyacinthe, a inscrit. « Papa est décédé mardi soir, le 20 avril 188O. » II était né à Belœil le 29 avril 1829.

 — Roger Saint-Jacques, 1994
Guillaume Cheval est né à Belœil en 1829. Pour un affaire de cloche, il a faillit faire excumunier toute la paroisse de Saint-Hilaire! SHBMSH, fonds Armand-Cardinal.
Guillaume Cheval est né à Belœil en 1829. Pour un affaire de cloche, il a faillit faire excumunier toute la paroisse de Saint-Hilaire! SHBMSH, fonds Armand-Cardinal.

Retour aux capsulesRetour en haut

© 2003-2009 Société d'histoire de Beloeil-Mont-Saint-Hilaire. Tous droits réservés.
Conçu par Félix Cloutier