S.H.B.M.S.H.

Société d'histoire de Belœil-Mont-Saint-Hilaire

Les inondations à Otterburn Park

Chaque printemps, dès que le niveau de la rivière Richelieu atteint un seuil critique, la question des inondations revient sur toutes les lèvres. Pourtant, ce type de sinistre ne date pas d'hier. Depuis longtemps, les inondations ont causé des dommages aux résidences situées aux abords de la rivière. Certains Otterburnois ont encore en mémoire celle de 1993 lorsqu'une dizaine de familles durent être évacuées. Si on remonte encore de quelques années, en 1976, les inondations firent encore plus de dommages. Plus loin de nous, l'année 1936 demeure sans contredit la plus désastreuse jamais survenue.

L'inondation est le sinistre le plus fréquent au Québec. Une inondation se produit lorsque le niveau d'un cours d'eau monte. C'est ce que l'on nomme les « crues ». Le type de crue qui nous frappe le plus souvent est celle dite crue pluvio-nivale. Il s'agit d'une combinaison de pluie et de fonte des neiges. Ces crues peuvent survenir autant en automne, qu'en hiver et au printemps. À cela, il faut ajouter l'ensoleillement qui peut faire changer rapidement la température de l'eau. Dans une rivière qui coule du sud vers le nord, comme la rivière Richelieu, la glace située en amont fond en premier. Des morceaux de glace risquent donc de rester prisonniers sur le couvert de glace de l'embouchure qui n'est pas encore dégelée. C'est ce phénomène qui provoque les risques d'inondation.

L'inondation la plus récente remonte au printemps de 1993. Cette année-là, à Otterburn Park, la rivière avait atteint 9,57 mètres. Plusieurs propriétés avaient été touchées, surtout celles situées entre le chemin des Patriotes et la rivière, sur les rues Oxford, Riverview, Ruth et Prince Albert. Une dizaine de familles avaient dû être évacuées et l'accès aux propriétés ne se faisait que par chaloupe.

Pour d'autres résidents, l'inondation de 1976 fut encore pire car l'eau avait tellement monté qu'il était impossible de prendre le chemin des Patriotes en direction de Saint-Mathias. Lors d'une récente entrevue donnée au journal L'Oeil Régional pour l'édition du 14 février 2004, Monsieur Wallace C. Lemaire se rappelle qu'il avait dû prendre une chaloupe entre l'église Notre-Dame et l'usine de filtration où il travaillait. Il fallut attendre une dizaine de jours avant que l'eau se remette à descendre.

Le débordement de la rivière Richelieu de 1936 demeure sans contredit le plus désastreux jamais survenu. L'eau était si élevée qu'elle recouvrit la route depuis l'église Notre-Dame-du-Bon-Conseil sur une grande distance en direction de Saint-Mathias. Toutes les maisons entre le chemin des Patriotes et la rivière furent inondées, de même que quelques-unes de l'autre côté de la route. Les glaces balayèrent plusieurs installations sur le bord de l'eau et emportèrent même la petite station électrique à l'extrémité de la ville. On rapporte même qu'à certains endroits la rivière était sortie de son lit jusqu'à plus de trente mètres (cent pieds) de la rive !

Bon an mal an, selon les saisons, la région du Richelieu demeure un endroit où des inondations peuvent survenir. Il est cependant possible de les prévoir et, chaque année, la sécurité civile du Ministère de la Sécurité publique utilise diverses données pour évaluer les risques de débordement des rivières au Québec. Les corps municipaux unissent leurs efforts afin de réagir promptement et éviter ainsi le pire aux résidents riverains. Même si nous sommes mieux organisés pour faire face à ce type de catastrophe, il n'en demeure pas moins que Dame Nature demeure imprévisible en tout temps.

 — Alain Côté, 2004
L'inondation de 1933. SHBMSH, fonds Armand-Cardinal.
L'inondation de 1933. SHBMSH, fonds Armand-Cardinal.

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