S.H.B.M.S.H.

Société d'histoire de Belœil-Mont-Saint-Hilaire

Robert de Rocquebrune à Belœil

Écrivain prolifique, Robert de Rocquebrune est surtout connu comme romancier et mémorialiste. Né à L'Assomption en 1889, au manoir de sa grand-mère maternelle Marie-Aurélie Faribeault, veuve Saint-Ours, il passa le plus clair de sa vie active à Paris, au service des Archives publiques du Canada comme simple copiste paléographe d'abord (1919-1940) et ensuite comme directeur du bureau de Paris de 1946 jusqu'à sa retraite en 1958. Il décède à Cowansville en 1978 oublié de tous. C'est cependant à Belœil qu'il entreprit sa carrière d'écrivain et qu'il publia son premier récit.

De Rocquebrune, de son vrai nom Robert Larocque, ayant choisi lui-même d'ajouter à son patronyme « son nom de terre » comme il aimait le dire, avait tant du côté paternel que maternel des origines dans la haute noblesse de cette province: les d'Irumberry de Salaberry et les Hertel de Rouville. Il était en effet par son père arrière-petit-fils de Jean-Baptiste René Hertel de Rouville et par sa mère, arrière-petit-fils en ligne directe du « Léonidas canadien ».

Après son mariage avec Joséphine Angers à Montréal le 5 mai 1911, de Rocquebrune s'établit à Belœil où son épouse avait vécu son enfance. Il acquiert alors d'Alphonse Jeannotte un lopin et fait construire la maison située au 784 Richelieu, longtemps connue comme la Maison de l'Arche sise immédiatement à l'ouest du pont de la route 116. Il quittera Belœil en 1919 pour aller s'établir à Paris comme archiviste au service des Archives publiques du Canada. Sans métier ni profession, c'est une fois établi à Belœil qu'il détermine qu'il sera écrivain et commence aussitôt à écrire. C'est là qu'il ébaucher son premier roman d'importance Les habits Rouges publié à Paris en 1923. C'est au cours de cette même période qu'il publie Hommage à Charles-Michel de Sallaberry, Héros de Chateauguay, son arrière-grand-père maternel, pour commémorer le centenaire de la victoire de Chateauguay.

Dans le troisième volet du récit de ses mémoires, sous le titre Cherchant mes souvenirs, il raconte, dans un style bien personnel, diverses anecdotes de la vie sociale et culturelle qu'il menait alors à Belœil dont les soirées chez les Lecours, les séances de pose à l'atelier d'Ozias Leduc, les invitations à prendre le thé chez les Huot ou les demoiselles Gadbois. Plus importante encore fut la création, avec ses deux amis Fernand Préfontaine et Leo-Paul Morin, de la revue Le Nigog, consacrée à la cause des arts et des lettres au Canada-français. Lancée en janvier 1918 et promise à un avenir prestigieux, la revue s'éteignit en janvier 1919 sans que personne ne sut réellement pourquoi. Les directeurs de la revue avaient sans doute perçu que l'esprit de l'époque aurait raison du brillant avenir qu'ils avaient d'abord entrevu. Le Nigog avait déclaré une guerre féroce au régionalisme et si le débat continua de plus belle après, il avait changé d'aspect. Cette période fut la plus active, la plus « grouillante » de la vie de Rocquebrune. Quelques mois plus tard, il quittait Belœil pour s'établir à Paris.

 — Pierre Gadbois, 2002
Robert de Rocquebrune. SHBMSH.
Robert de Rocquebrune. SHBMSH.

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