S.H.B.M.S.H.

Société d'histoire de Belœil-Mont-Saint-Hilaire

Le pont Bernard

À une certaine époque, à Saint-Hilaire, on dénombrait pas moins de huit ponts qui reliaient les principales routes. Parmi ces ponts, il y en avait un d'une grande importance. Situé dans le quartier Otterburn, il reliait les gens de Saint-Mathias à ceux de Saint-Hilaire pour l'accès à la gare et au service de poste (Saint-Hilaire étant centre de distribution postale) en plus de permettre la circulation d'innombrables voitures. Connu dans un premier temps pont Massé, il prit au tournant du XIXe siècle le nom de pont Bernard puisqu'il était connexe à la propriété de Wilfrid Bernard, près de l'église Notre-Dame-du-Bon-Conseil.

En bois à l'origine, le pont Bernard enjambait un fossé de trente pieds. Il fit l'objet de réparations majeures en 1880. Plus de vingt ans plus tard, régulièrement bousculé, submergé et mis hors d'usage par le flux et le reflux annuel des eaux du Richelieu, le pont tombait de vétusté.

Le conseil municipal de la paroisse de Saint-Hilaire votait, le 2 mars 1908, une résolution visant à obtenir du gouvernement un octroi pour mettre le pont Bernard en bon état. Le maire Ernest Choquette avisa le gouvernement provincial du désir de la municipalité de se conformer à la politique obligeant les municipalités à maintenir un réseau routier adéquat.

Le 24 avril 1908, l'honorable Louis-Alexandre Taschereau, alors ministre des Travaux publics, annonça que le gouvernement Gouin accordait un octroi pour la construction d'un pont en fer sur le ruisseau Bernard. Le député de Rouville, Alfred Girard, plaida la cause de Saint-Hilaire auprès du ministère pour obtenir cet octroi.

Dans une lettre du 6 juillet 1909, le ministre des Travaux publics octroyait à la corporation la somme de 1200 $ pour la construction en fer du pont Bernard aux conditions suivantes : utiliser l'octroi de 1 200 $ promis par le gouvernement de Québec en vue d'aider à la construction en fer avec culées en béton, sur le site du pont Bernard, couvrant un cours d'eau, tributaire de la rivière Richelieu, conformément aux plans et devis préparés par M. Vallée, l'ingénieur en chef du département des Travaux publics, de Québec.

À sa réunion du 25 septembre 1909, le conseil municipal acceptait la soumission de The Laurentian Construction & Engineering Co. Ltd pour la somme de 1 514 $ pour la construction d'un pont en fer avec culées en béton et autres travaux sur le site du pont Bernard. Le contrat fut passé devant le notaire Desrochers, le même jour.

Il fut un temps où le pont Bernard ainsi que les autres ponts ont joué un rôle important pour les résidants de Saint-Hilaire et des environs. Ils étaient essentiels à la libre circulation des personnes, biens et services. Aujourd'hui, les cours d'eau sont en majorité tous canalisés, entraînant la disparition de ces pittoresques ponts.

 — Alain Côté, 2000
Vue du pont Bernard face à la propriété de Wilfrid Bernard au début du siècle. Au loin, on peut distinguer la chapelle Notre-Dame-du-Bon-Conseil.
Vue du pont Bernard face à la propriété de Wilfrid Bernard au début du siècle. Au loin, on peut distinguer la chapelle Notre-Dame-du-Bon-Conseil.

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