S.H.B.M.S.H.

Société d'histoire de Belœil-Mont-Saint-Hilaire

Otterburn Park sans l'ombre de son maire !

La vie politique municipale nous réserve souvent des surprises. À Otterburn Park, les archives nous en donnent un exemple assez particulier. À la fin des années 1940, le territoire de la municipalité de la paroisse de Saint-Hilaire (dont l'agglomération d'Otterburn faisait partie) fut scindé en deux municipalités : Mont-Saint-Hilaire et Otterburn Park. Les trois conseillers restants du secteur Otterburn ne formaient pas quorum. Pour légalement vaquer aux affaires municipales, il fallait élire des conseillers supplémentaires et un nouveau maire. Tout se déroula comme prévu sauf qu'une fois élu, le nouveau maire disparut de la scène municipale ! En voici l'histoire.

Fin des années 1940, plusieurs propriétaires fonciers de la paroisse de Saint-Hilaire voulaient détacher la montagne du reste de la campagne hilairemontaise. Le ministère des Affaires municipales y donna son assentiment en créant, le premier janvier 1950, la nouvelle municipalité de Mont-Saint-Hilaire, dont le territoire englobait la montagne du brigadier Gault, les vergers des pomiculteurs, la Raffinerie de sucre de Saint-Hilaire, le village et des grandes propriétés bourgeoises sur la rivière Richelieu. De l'ancienne paroisse ne restait que les terrains entourant le parc Otterburn (aujourd'hui les Bosquets Albert-Hudon).

Or, en janvier 1950, pour gérer la municipalité héritière de l'ancienne paroisse seulement trois conseillers demeuraient en poste : Edmond Auclair, Georges-E. Duclos et Fred W. Strike. Les élections municipales n'ayant lieu qu'en juillet, le conseil municipal ne pourrait, avant cette date, valablement délibérer et prendre des décisions puisque le minimum exigé de quatre conseillers ne pouvait être atteint.

On obtint de Québec un arrêté-en-conseil décrétant l'élection d'un maire et de quatre nouveaux conseillers. En plus de reporter le mandat des trois anciens conseillers, l'élection du lundi 5 février 1950 choisit à la mairie Fred Strike (ci-devant maire suppléant en même temps que le plus ancien des résidents d'Otterburn). Furent aussi élus les conseillers Ernest Eaman, Joseph Hébert, Jack Rowland et L. G. Cowan.

Tout a fonctionné comme prévu. Les nouveaux élus furent assermentés entre le 20 février et le 15 avril 1950. À la première réunion du nouveau conseil, surprise : le maire Fred Strike manqua à l'appel. Nous ne savons pas pourquoi il refusa sa charge de maire mais nous pouvons dire qu'il fut sûrement désabusé de la vie politique suite aux chicanes qui ont divisé la paroisse en deux municipalités distinctes. Le 7 mars 1950, le conseil écrivit au maire Fred Strike déplorant son absence. Mais le nouveau maire ne donna pas plus signe de vie.

Le conseil dut recourir aux bons offices du conseiller Edmond Auclair pour remplacer l'absent jusqu'à l'élection suivante. La municipalité de la paroisse de Saint-Hilaire, qui changea bientôt son nom en celui d'Otterburn Park, venait de connaître son premier fait marquant. Un maire nouvellement élu qui brilla par son absence !

 — Alain Côté, 2001
Fred Strike. SHBMSH, fonds Armand-Cardinal.
Fred Strike. SHBMSH, fonds Armand-Cardinal.

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