S.H.B.M.S.H.

Société d'histoire de Belœil-Mont-Saint-Hilaire

Les sucres d'antan

Les érablières de la montagne ont fait les délices de la population locale pendant de nombreuses générations. Dans son article sur les « Sucreries de la montagne » paru dans le Cahier d'histoire numéro 34 (février 1991), Armand Cardinal retrace les origines des parties de sucre, « célébrations souvent mémorables où l'on mêlait volontiers le cidre au sirop d'érable ». Ces réjouissances font désormais partie du passé.

Selon le Jésuite français Pierre-François-Xavier Charlevoix, les sauvages buvaient l'eau des arbres mais ne connaissaient pas l'art de faire du sucre. Le docteur Michel Sarrazin, en 1730, est le premier à décrire comment tirer du sucre de l'eau d'érable. Grâce aux érables de la montagne, les habitants de Saint-Hilaire ont pris les dispositions pour en faire une opération commerciale.

Au XIXe siècle, le sucre d'érable était la deuxième production en importance après le blé dans la seigneurie de Rouville (le territoire des villes actuelles de Mont-Saint-Hilaire, d'Otterburn Park et de Saint-Jean-Baptiste). Cette denrée précieuse remplaçait avantageusement la mélasse et le sucre des Antilles procurait un revenu d'appoint important au cultivateur avant la saison des semences.

Au siècle dernier, les seigneurs de Rouville stimulèrent et encouragèrent la production du sucre d'érable. En 1888, le journal L'Union mentionnait que les sucreries de la montagne de Saint-Hilaire produisirent cette année là 33 145 livres de sucre.

Parents et amis venaient à Saint-Hilaire au printemps goûter les produits du sucre d'érable qui faisaient les délices de tout le monde. Entre 1916 et 1990, les gens ont continué de visiter la montagne pour « se sucrer le bec ». Cette activité folklorique attirait un grand nombre de personnes intéressées à visiter les érablières encore en activité dans la région.

L'activité familiale laissa bientôt la place à une entreprise plus importante. Dès 1913, Louis Ducharme construisit la première cabane à sucre commerciale à Saint-Hilaire. Vendue à Maurice Cardinal, elle resta en opération jusqu'en 1990, alors que la ville de Mont-Saint-Hilaire en prit possession. Depuis, l'érablière est protégée de tout développement domiciliaire, dernier témoin d'une coutume où des milliers d'amateurs venaient de très loin pour se sucrer le bec.

 — Alain Côté, 1999
L'érablière Cardinal au début du XX siècle. SHBMSH, fonds Armand-Cardinal.
L'érablière Cardinal au début du XX siècle. SHBMSH, fonds Armand-Cardinal.

Retour aux capsulesRetour en haut

© 2003-2009 Société d'histoire de Beloeil-Mont-Saint-Hilaire. Tous droits réservés.
Conçu par Félix Cloutier