S.H.B.M.S.H.

Société d'histoire de Belœil-Mont-Saint-Hilaire

En 1938, les résidents d'Otterburn Park demandaient des rues mieux éclairées

L'hydroélectricité fit son apparition au Québec vers les années 1880. Peu avant la première Grande Guerre, période de construction des premiers grands barrages, la production d'énergie électrique connaît une expansion rapide. L'une des grandes entreprises à se partager le marché québécois de l'électricité, la Southern Canada Power Company, alimente l'Estrie ainsi que notre région. Il existe en outre de nombreuses petites entreprises locales ou municipales, mais leur part du marché est négligeable. Le premier quart du XXe siècle voit le Québec s'électrifier et la population des rives du Richelieu ne fait pas exception. On cherche de nouveaux moyens pour se chauffer et s'éclairer. Comme source de confort, l'électricité est de plus en plus en demande.

La date exacte des débuts de l'électrification à Saint-Hilaire est inconnue. Toutefois, dès 1919, on apprend par les procès-verbaux de l'époque que l'arrondissement d'Otterburn Park Terrace est alimenté en électricité par la Southern Canada Power Company. La Southern éclaire le chemin du bord de l'eau (l'actuel chemin des Patriotes) depuis le pont du chemin de fer jusqu'à sa sous-station située sur le lot numéro 137 du cadastre de Saint-Hilaire (terrain pas très loin où se trouve l'actuelle clinique médicale sur la rue Prince Albert). Avec le passage des années, la demande d'éclairage s'accroît au fur et à mesure que la population otterburnoise augmente.

À l'automne 1938, l'Association des résidents d'Otterburn Park et le secrétaire-trésorier de la paroisse de Saint-Hilaire échangent une série de lettres au sujet de l'éclairage des rues d'Otterburn. Certaines rues étaient alors mal éclairées sinon dans l'obscurité totale.

L'Association soumet au conseil municipal une série de recommandations visant à assurer un meilleur éclairage des rues. Sur 69 lampes existantes, 63 sont jugées satisfaisantes, 2 pourraient être éliminées, 4 devraient être déplacées et 22 lampes supplémentaires posées ! Selon le rapport, il est important d'assurer une bonne visibilité aux croisées des chemins avec les rues principales. On demande l'installation de lampes sur la rue Clifton afin d'augmenter la visibilité durant les mois sombres de septembre à décembre. Les rues Prince Edward, Eleanor et Helen étaient déjà bien éclairées. On demande d'installer une lampe sur Prince Albert entre Mason et la rue Principale. Sur Prince George, on suggère d'enlever une lampe. Sur Prince Arthur, on recommande d'installer une lampe additionnelle sur le chemin Principal ainsi qu'une autre entre les rues Mason et Spiller. Sur Oxford, il faut une lampe additionnelle entre les rues Spiller et Victoria, ainsi qu'à la croisée avec Victoria. Sur Laurier, on demande une lampe à l'angle Spiller et une autre près de Mason. Sur Gervais, deux lampes sont requises, une au chemin Principal et la seconde au coin Spiller. Sur Ruth, on demande trois nouvelles lampes.

L'éclairage des rues et la distribution de l'électricité à Otterburn Park pendant le deuxième quart du XXe siècle a fait l'objet de nombreuses plaintes par les résidents. Afin de régler le problème une fois pour toutes, un comité ad hoc a rédigé un rapport détaillé des mesures nécessaires pour éclairer les voies publiques adéquatement au moindre coût. En réponse au désir des contribuables, le conseil municipal se devait d'y apporter les changements dans le meilleur intérêt des citoyens tout en minimisant l'impact sur le budget de la municipalité.

 — Alain Côté, 2001
La Southern éclaire le chemin du bord de l'eau (l'actuel chemin des Patriotes) depuis le pont du chemin de fer jusqu'à sa sous-station. SHBMSH, fonds Armand-Cardinal
La Southern éclaire le chemin du bord de l'eau (l'actuel chemin des Patriotes) depuis le pont du chemin de fer jusqu'à sa sous-station. SHBMSH, fonds Armand-Cardinal

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