S.H.B.M.S.H.

Société d'histoire de Belœil-Mont-Saint-Hilaire

Le chemin de fer à l'origine du développement d'Otterburn Park

De tout temps, les communications par voie de terre ou d'eau ont été au centre des échanges économiques et sociaux. Depuis l'arrivée des Français au Canada, la navigation sur les cours d'eau était le moyen de communication le plus efficace et le plus rapide. Les premières routes ont souvent mal desservi les habitants parce qu'elles étaient impraticables ou mal entretenues. Au milieu du XIXe siècle, l'arrivée du chemin de fer a bouleversé les transports. Avec le temps, le chemin de fer, qui servait de complément aux routes et aux voies fluviales, devint le moyen de transport préféré de toute une société, jusqu'à l'arrivée de l'automobile.

En 1844, Thomas Edmund Campbell (1809-1872) devenait seigneur de Rouville et très tôt, il s'impliqua dans le développement de sa nouvelle seigneurie. Considéré l'un des seigneurs les plus entreprenants de la province, aimé et respecté de la population, il fut l'un des premiers administrateurs des chemins de fer Chemin à lisses du Saint-Laurent et de l'Atlantique qui deviendra plus tard le Grand Tronc. Il usa sûrement de son influence pour faire passer le train sur ses terres, car il avait compris que le progrès de sa seigneurie devait passer par la venue du train. En 1845, il céda tous les terrains nécessaires au passage de la voie ferrée. La construction de la nouvelle voie ferrée s'est étendue sur quelques années. L'inauguration du chemin de fer eut lieu le 28 décembre 1848.

À l'été de 1885, les fils du seigneur Campbell fondaient, sur la rive droite de la rivière Richelieu à Saint-Hilaire, un grand parc public offrant terrains de jeux, kiosque à musique, baignade, plage, chaloupes, piste de danse et débit de bonne bière froide. Ils y attirèrent chaque week-end de nombreuses familles montréalaises, amenées par le chemin de fer depuis la Pointe-Saint-Charles.

Le Grand Tronc venant de Montréal traversait le Richelieu tout près du parc Otterburn, mais ne s'arrêtait qu'à la gare de Saint-Hilaire, à un kilomètre et demi de distance. Les frères Campbell se dirent qu'il serait plus commode si les pique-niqueurs pouvaient descendre de train à l'orée du parc. Bruce Campbell fut donc délégué auprès du directeur-général, Sir Joseph Hickson pour solliciter la création d'un arrêt avec débarcadère près de l'entrée du parc. Bon prince, Sir Joseph acquiesça à la demande et autorisa l'arrêt demandé.

En 1912, David Mason et Ernest Spiller cherchant des terrains propices à développer, prirent le train à Montréal et s'arrêtèrent à Saint-Hilaire près du parc Otterburn. Le lieu les enchanta au point qu'ils décidèrent d'y concrétiser leur projet de développement domiciliaire.

Nous sommes redevables à la famille Campbell d'avoir fait passer le train dans notre région. Ce mode de transport fit de David Mason et Ernest Spiller les premiers promoteurs de ce qui allait devenir Ville d'Otterburn Park. Le transport par train desservit bien la population en amenant ici une série d'industries qui apportèrent la prospérité à notre région.

 — Alain Côté, 2001
Vue du débarcadère près de l'entrée du parc. SHBMSH, fonds Armand-Cardinal
Vue du débarcadère près de l'entrée du parc. SHBMSH, fonds Armand-Cardinal

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