S.H.B.M.S.H.

Société d'histoire de Belœil-Mont-Saint-Hilaire

Mont-Saint-Hilaire : ville d'histoire, d'art et de nature

La nature a doté Mont-Saint-Hilaire d'une magnifique montagne, d'un lac, de vergers et d'une belle rivière. Sur 128 kilomètres depuis le Lac Champlain jusqu'à Sorel, la rivière Richelieu fut le berceau de la Nouvelle-France. Ce cours d'eau servit de sentier de guerre aux Amérindiens, de route de colonisation aux immigrants français et de voie commerciale entre New York et Montréal. Le mont Saint-Hilaire est la plus imposante des collines montérégiennes qui dominent la plaine du Saint-Laurent. Son point culminant, le Pain de sucre, s'élève à une altitude de 419 mètres. Une brève incursion dans le passé illustre la riche histoire de cette ville aux allures mythiques.

La région a pu abriter les populations nomades amérindiennes, mais les traces de leur passage sont rares. La vallée du Richelieu faisait partie de leur territoire à l'arrivée des Européens. Il y a peu de chance que l'on puisse y trouver des artéfacts amérindiens ailleurs qu'au site de Mandeville, sur le rivage du Richelieu, à Tracy.

C'est en décembre 1694 que le gouverneur Frontenac concède la seigneurie de Rouville à Jean-Baptiste Hertel. La seigneurie couvrait un territoire de deux lieues (8 kilomètres) le long de la rivière, sur une lieue et demie de profondeur (6 kilomètres), comprenant la superficie de Mont-Saint-Hilaire, Otterburn Park, Saint-Jean-Baptiste et une partie de Sainte-Madeleine. Les premiers habitants s'y installent puis connaissent un essor à compter de 1740, si bien qu'en 1795, ils fondent une paroisse (tel que raconté par Armand Cardinal dans

Les fondateurs de Saint-Hilaire). Jean-Baptiste-René Hertel fut le premier à résider en son manoir de Saint-Hilaire, soit dès 1818. En 1844, le major Thomas Edmund Campbell transforme le manoir de Rouville en un des rares châteaux de style Tudor en Amérique. Le manoir demeura propriété de la famille Campbell jusqu'au décès de la châtelaine Mabel Allen, épouse de feu Colin Campbell en 1955. Le sculpteur Jordi Bonet l'achète en 1969. Le manoir fut classé monument historique en 1977. L'artiste d'origine catalane décède en 1979. Le manoir garde sa vocation culturelle jusqu'en 1987, alors que l'édifice est transformé en hôtellerie de luxe. L'humoriste Yvon Deschamps est l'heureux propriétaire de ce joyau historique depuis 1996.

L'église en pierres des champs, dont la construction débute en 1830, est inaugurée en 1837 puis décorée en 1898 par le célèbre peintre Ozias Leduc, fils de la paroisse. Ses murales ont été reconnues biens culturels par le gouvernement provincial en 1976. L'église possède le plus ancien orgue Casavant en usage puisqu'il fut construit en 1856 par Joseph Casavant, père des organiers Casavant Frères de Saint-Hyacinthe.

Plusieurs faits ont contribué à enrichir l'histoire politique, religieuse et sociale de Mont-Saint-Hilaire. Le Bas-Canada connaît une crise politique sans précédent qui va déboucher sur la Rébellion des Patriotes de 1837-1838. Des citoyens de Saint-Hilaire participèrent au soulèvement populaire qui allait provoquer une répression sans pareille de la part des troupes anglaises. Les troupes britanniques bivouaquèrent au manoir seigneurial en novembre 1837. En 1841, on érige

sur le Pain de sucre, au sommet du mont Saint-Hilaire, une croix de bois de cent pieds de hauteur. Elle a été renversée par un vent violent cinq ans plus tard. La chapelle a été détruite par la foudre en 1877. C'est également dans notre région qu'est survenu le pire accident ferroviaire du Canada. En 1864, du pont qui relie Saint-Hilaire et Belœil, un train bondé d'immigrants, en majorité des Allemands, plongea dans les eaux de la rivière Richelieu, faisant 99 morts.

Il y eut des événements heureux, voire merveilleux, dont l'ouverture au parc Otterburn à l'été de 1885 du plus vaste parc public du Dominion. L'endroit magnifique offrait sans contredit la plus belle excursion des environs de Montréal. Samedi et dimanche, un convoi du Grand Tronc partant de la gare Bonaventure amenait les passagers à Saint-Hilaire au Parc Otterburn aux abords de la rivière, sur le site actuel des Bosquets Albert-Hudon.

La municipalité de la paroisse de Saint-Hilaire fut créée en 1855. En 1912, une partie du territoire fut érigée en municipalité de village. En 1963, le village devient Ville de Saint-Hilaire-sur-Richelieu. En 1966, la petite corporation municipale de Mont-Saint-Hilaire (le secteur de la montagne et de la plaine agricole) créée en 1950, se joint à Saint-Hilaire-sur-Richelieu sous le nom de Ville de Mont-Saint-Hilaire.

Mont-Saint-Hilaire est la terre d'accueil de nombreux artistes, dont certains connurent un rayonnement international tels Ozias Leduc, Paul-Émile Borduas (natifs d'ici) et Jordi Bonet, Catalan d'origine. La force d'attraction de la montagne a favorisé l'éclosion d'une ville dynamique dont les citoyens sont très fiers.

 — Alain Côté, 2002
Goélettes accostées au quai du village de Saint-Hilaire. Photographie de Louis-Philippe Martin. SHBMSH, fonds Armand-Cardinal.
Goélettes accostées au quai du village de Saint-Hilaire. Photographie de Louis-Philippe Martin. SHBMSH, fonds Armand-Cardinal.
Le colonel Wetherall et ses troupes bivouaquent au manoir Rouville en novembre 1837. Dessin de Charles Beauclerk. SHBMSH, fonds Armand-Cardinal.
Le colonel Wetherall et ses troupes bivouaquent au manoir Rouville en novembre 1837. Dessin de Charles Beauclerk. SHBMSH, fonds Armand-Cardinal.
Le manoir segneurial des Campbell vers 1871. SHBMSH, fonds Armand-Cardinal.
Le manoir segneurial des Campbell vers 1871. SHBMSH, fonds Armand-Cardinal.

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