S.H.B.M.S.H.

Société d'histoire de Belœil-Mont-Saint-Hilaire

Les origines du parc du Petit Rapide

Connaissez-vous le parc du Petit Rapide ? Il est situé derrière le stationnement du Supermarché Max, rue Laurier à Belœil et on peut y accéder par les rues Choquette et Limoges. La vigilence d'un groupe de citoyens défendant âprement les intérêts de leur quartier en avait assuré la sauvegarde et sa transformation en parc au moment de l'établissement en 1998 du supermarché.

Mais jusqu'alors, l'emplacement était connu sous le nom de « trou de sable » et fut exploité comme tel pendant plus de 100 ans. De tout temps il fit également la joie des enfants qui y venaient glisser l'hiver. Dans les années 1980, un échevin du quartier projeta même sa transformation en site culturel, projet audacieux qui ne vit jamais le jour. Mais dans les années qui ont précédé son aménagement actuel, l'endroit était cependant peu sécuritaire et tenait davantage du dépotoir qu'à la carrière de gravier.

Mais comment expliquer cette topographie pour le moins inusitée dans les terres de la première concession de Belœil ? Pour comprendre ce qui s'est passé, il faut remonter à la construction de la voie ferrée par la St-Lawrence & Atlantic Raylroad Co. Malgré tous les bienfaits que la venue du chemin de fer allait apporter, sa construction aura donné lieu à de nombreuses exactions commises par les entrepreneurs chargés de ses divers travaux.

C'est ainsi que Pierre Brunelle, qui occupait cette terre en 1848, croyait bien faire en cédant verbalement à l'entrepreneur John Black, une partie du coteau de sable située près de sa maison pour servir à l'exhaussement de la voie ferrée. Black devait enlever suffisamment de sable et de gravier « de façon à arriver de niveau avec le résidu du terrain » et permettre à Brunelle « d'exploiter et cultiver le dessous ». Mais John Black avait plutôt fait creuser « le coteau à une profondeur de 12 à 15 pieds à l'endroit où il n'en devait prendre qu'une épaisseur de 4 pieds » et avait même « vendu et donné du sable pris sur son coteau ». Protestant et exigeant réparation, Brunelle obtint de Black l'assurance que le trou serait rempli. De toute évidence, ce dernier ne tint jamais parole.

Le « trou de sable » fut pourtant exploité de façon régulière par ses différents propriétaires jusque vers les années 1950. Les derniers en titre furent monsieur Gilbert Perreault, qui exploitait « le petit trou » pour le compte de la C. I. L., et la Ville de Belœil dont les employés des travaux publics venaient régulièrement faire provision de sable ou de gravier. La ville y avait également installé vers 1935 une pompe à incendie et un réservoir d'eau potable.

Mais la viligence des Amis du Parc doit être constante puisque le Parc du Petit Rapide est régulièrement la proie d'investisseurs de tout acabit et on craint toujours que les émules de John Black ne viennent un jour remplir le trou.

 — Pierre Gadbois, 2001

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