S.H.B.M.S.H.

Société d'histoire de Belœil-Mont-Saint-Hilaire

Trente-huit réfugiés hongrois à Saint-Hilaire en 1957

Otage du rideau de fer depuis la deuxième Guerre mondiale, la Hongrie se révolta, le 23 octobre 1956, contre le joug soviétique. L'insurrection ne dura que quelques jours : chars blindés russes envahissent Budapest les 1er et 2 novembre. Les dirigeants du mouvement de libération sont exécutés. Mais 190 000 hongrois réussissent à quitter leur pays, fuyant en Autriche, en Allemagne de l'Ouest, puis en France, en Angleterre, en Australie et au Canada.

En décembre, on constitua à Saint-Hilaire un comité d'accueil. L'on fit une levée de fonds, une cueillette de vêtements et de meubles, un inventaire de logements vacants et d'emplois disponibles.

En janvier 1957, des membres du comité se rendirent à Montréal où, dans une ancienne prison pour matelots non loin du port, les réfugiés hongrois étaient abrités en attendant leur placement. L'on fit la rencontre des réfugiés qui n'avaient pour biens que les vêtements qu'ils portaient et quelques possessions personnelles.

Tous parlaient le magyar, quelques-uns l'allemand et encore un plus petit nombre, le russe. Un membre du comité, Michel Farkas, d'origine hongroise, servait d'interprète.

Par groupes de trois ou quatre, nous les ramenions à Saint-Hilaire pour les loger dans des familles d'accueil ou dans des logements fournis par des bénévoles. Puis, nous retournions à Montréal quérir de nouveaux réfugiés, de sorte qu'à la fin de février 1957, trente-huit ressortissants hongrois étaient installés dans notre ville.

Grâce à plusieurs bénévoles généreux, nous avons fourni le gîte, l'argent, la nourriture, les vêtements, des soins médicaux et dentaires, des leçons de langue ainsi que du travail aux huit célibataires et aux onze familles que la révolution hongroise déversa dans notre ville. La CIL de Belœil engagea deux d'entre eux, un chimiste et un électricien. Les autres, moins qualifiés mais débrouillards, trouvèrent du travail dans la région de sorte qu'après quelques semaines, personne ne restait au chômage.

Malgré nos efforts d'intégration, au bout d'un an, seulement deux familles, celles des engagés de la CIL, restèrent ici. Les autres, travailleurs urbains, gravitèrent vers Montréal, où ils trouvèrent une colonie, une paroisse, des restaurants et commerces magyars.

Hilairemontais responsables du succès de l'accueil : Jean Bauduin, Frank Brockman, John Brydon, Ainsley Dowd, Guy Fortin, Gordon German, M.Goldstein, H.J.Klassen, Georges Lahaise, M.Lussier, Jack Maule, M.Mille, Jules Millier, Juliette-C.Oliver, E.Omholt-Jensen, Eugène Roy, M.Scheffer, M.Steeves, M.St-Georges, Anthony Sturton, Graham Warren, Leo West et vingt donateurs anonymes. Membres du comité : Lucien Boissonneault, A. Brosseau, Michel Clerk, Michel Farkas, Liselotte Itin, A.Jarry, Edgar Pennefather.

Noms des réfugiés accueillis à Saint-Hilaire en 1957

Pal Bauke, Albert Bene, Janos Czyk, J.Christian (2)*, Jozef Horvath (4), C.Katona (3), J.Kiss(3), P.Kovary (3), Pal Martin (3), F.Marzen (3), J.Miklos, M..Morf (2), Jozef Pap (2), P.Sebo, J.Sworzek (2), Jozef Tikos, Jozef Tolis, F.Todorovicz (3), Miklos Zach.
*Nombre de personnes par famille

 — Michel Clerk, 2002

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