S.H.B.M.S.H.

Société d'histoire de Belœil-Mont-Saint-Hilaire

De Otterburn en Angleterre à Otterburn Park au Canada

La ville d'Otterburn Park porte son nom depuis maintenant 30 ans. Mais cela fait plus d'un siècle qu'elle trimbale ce nom. Bien que notre Société d'histoire ait publié plusieurs travaux de recherche sur cette jolie ville sise sur les bords de la rivière Richelieu, peu de gens encore connaissent l'origine de ce nom. C'est Sir Joseph Hickson, directeur-général du chemin de fer Grand Trunk, qui en est le responsable.

Joseph Hickson est né en Angleterre le 23 janvier 1830, à Otterburn, comté de Northumberland, second fils et quatrième enfant du forgeron Thomas Hickson et de son épouse Anne Brodie. Il épouse Catherine Dow à Montréal le 17 juin 1869 avec qui il a trois fils et trois filles.

Après de bonnes mais courtes études et une brève période à l'emploi d'entreprises ferroviaires anglaises, Joseph Hickson est engagé, en décembre 1861, comme chef comptable, en poste à Londres, du Grand Trunk Railway, chemin de fer de l'Amérique du Nord britannique dont les propriétaires étaient britanniques. Au début de 1862, il entre en fonction à Montréal. Rapidement il passe de chef comptable du chemin de fer à secrétaire-trésorier de la compagnie, poste qui lui offre de plus grands défis administratifs. Bon fonceur et bon décideur, il gravit les échelons de la compagnie et, grâce à son dynamisme, en devient le directeur général en 1874, poste qu'il occupera pendant seize ans, jusqu'en 1890. Sa grande connaissance du milieu ferroviaire fait en sorte qu'après sa retraite l'entreprise lui offre un poste à titre de consultant et lui demande de demeurer fidèle à la compagnie, fonction qu'il exercera jusqu?à son décès, survenu à Montréal en janvier 1897.

Sous la gouverne de Joseph Hickson, le Grand Trunk connaît une grande expansion suite à une série d'acquisitions devenant, dans les années 1880, l'une des principales compagnies ferroviaires du Canada et en Amérique du Nord, qui deviendra en 1923 le chemin de fer Canadien National. Pendant les années de forte concentration de la part des chemins de fer en Amérique, Hickson était l?éloge d'hommes d'affaires qui voyaient en lui un négociateur rusé et un concurrent combatif.

À la même époque, les frères Campbell venaient de fonder, sur la rive droite de la rivière Richelieu à Saint-Hilaire, un grand parc public offrant terrains de jeux, kiosque à musique, baignade, plage, chaloupes, piste de danse et débit de bonne bière froide fabriquée par Isaac Vandandaigue-Gadbois à sa brasserie derrière l?église de Saint-Hilaire. Ils espéraient y attirer chaque week-end de nombreuses familles montréalaises, amenées par le chemin de fer depuis la Pointe-Saint-Charles. 

Le Grand Trunk Railway venant de Montréal traversait alors le Richelieu tout près du Parc, mais ne s'arrêtait qu?à la gare de Saint-Hilaire, à un kilomètre et demi de distance. Les frères Campbell se dirent qu'il serait plus commode si les pique-niqueurs pouvaient descendre de train à l'orée du Parc. Bruce Campbell fut donc délégué par ses frères auprès de Sir Joseph pour solliciter la création d'un arrêt avec débarcadère tout près de l'entrée du Parc. Bon prince, Sir Joseph acquiesça à la demande et autorisa l'arrêt demandé.

Afin de témoigner leur gratitude, les propriétaires Campbell offrirent à Sir Joseph de donner à la nouvelle station le nom de Hickson Park. Mais il leur propose plutôt Otterburn Park, du nom de son village natal situé au nord de l'Angleterre, près de la frontière écossaise. On se rappelle qu'Otterburn en Angleterre fut, en 1388, le site de la fameuse bataille de Chevy Chase où les Écossais administrèrent une raclée aux Anglais et capturèrent le commandant des forces anglaises, Sir Henry Percy.

Bien qu'en 1944 le terrain qu'occupait l'ancien Parc soit devenu « les Bosquets Albert Hudon », le nom d'Otterburn Park resta longtemps imprégné dans la mémoire de la population locale. À tel point qu'en 1952, le conseil municipal décide de remplacer le nom de la municipalité de la paroisse de Saint-Hilaire en celui d'Otterburn Park. Durant les années 60, la municipalité d'Otterburn Parc se développe et prend de l'expansion sous la gouverne de son dynamique maire Edmond Auclair. Son développement est tel qu'en 1968 sa population atteint 3000 âmes qui bénéficient de l'ensemble des services requis pour une ville. Le 9 septembre 1968, le conseil municipal d'Otterburn Park adopte une résolution demandant pour leur municipalité le statut de Ville d'Otterburn Park et qu'elle soit désormais dirigée par un maire et six conseillers. La nouvelle ville obtient ses lettres patentes le 8 avril 1969, il y a quarante ans cette année.

 — Alain Côté, 1999
C'est à Joseph Hickson que revient l'honneur d'avoir donné le nom d'Otterburn Park au parc de plaisance situé le long du Richelieu propriété des frères Campbell. Sir Joseph Hickson, Montréal, Qc, 1887. (Archives Photographiques Notman, Musée McCord, université McGill)
C'est à Joseph Hickson que revient l'honneur d'avoir donné le nom d'Otterburn Park au parc de plaisance situé le long du Richelieu propriété des frères Campbell. Sir Joseph Hickson, Montréal, Qc, 1887. (Archives Photographiques Notman, Musée McCord, université McGill)
Carte de l'Angleterre avec agrandissement montrant l'endroit où se trouve la municipalité d'Otterburn.
Carte de l'Angleterre avec agrandissement montrant l'endroit où se trouve la municipalité d'Otterburn.

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