S.H.B.M.S.H.

Société d'histoire de Belœil-Mont-Saint-Hilaire

La raffinerie de betterave à sucre de Saint-Hilaire

Les débuts de l'industrie de la betterave à sucre au Québec remontent à la fin du XIXe siècle. Dès 1874, on assiste aux premiers essais de culture de la betterave à sucre par les membres de la Société d'Agriculture du Québec et par quelques cultivateurs des comtés de Saint-Jean et de Richelieu. L'année suivante, le Parlement désireux de prouver que la betterave à sucre peut très bien réussir au Québec, vote des crédits afin d?encourager l'établissement d?une fabrique de sucre. Une somme de 5 000$, pendant cinq ans, sera remise à la première manufacture de sucre. Des pourparlers sont engagés avec la France et la Belgique en vue de l'établissement d'une raffinerie au Canada. En 1876, le Parlement modifie la loi de 1875 afin d'augmenter le subside annuel à 7 000$, réparti sur une période de dix ans. De plus le gouvernement engage 1 000$ pour faire des essais de culture de la betterave à sucre. On distribue des semences de betterave dans plusieurs comtés. Dès1880, on voit apparaître deux compagnies : l'une à Farnham et l'autre à Coaticook. En 1881, deux autres viennent se joindre aux précédentes. La Compagnie de sucre de betterave de la vallée du Richelieu et l'Union franco-canadienne connue sous le nom de Les sucreries du Canada qui opéra jusqu'en 1896. La période 1874 -1896 marque la faillite de l'industrie du sucre de betterave au Québec. Les principales causes furent la faible capacité des usines, les pertes subies dans la conservation des betteraves, la production insuffisante pour défrayer les charges et le manque de financement. Durant cette période, on semblait trop compter sur les octrois du gouvernement pour rendre cette industrie viable.

Entre 1897 et 1935, il ne se fait à peu près rien. L'insuccès de la période précédente a relégué dans l'ombre la culture de la betterave à sucre pour plusieurs années. À partir de 1936, le ministère de l'Agriculture entreprend des expériences dans divers comtés de la province. Un rapport révèle que les résultats sont des plus intéressants et que les sols et le climat du Québec conviennent à la culture de la betterave à sucre. Il faudra attendre 1941 pour que la relance des activités de la transformation de la betterave à sucre au Québec puisse se faire. La Compagnie de Sucre de Betterave Richelieu, nouvellement créée, suivant un avis favorable se montre intéressée à acquérir l'outillage de la Rock County Sugar Company, à Janesville, Wisconsin. Le gouvernement de l'époque, désireux de venir en aide à cette industrie, vote une loi pour favoriser la culture de la betterave à sucre et pour soutenir les activités de la nouvelle compagnie. Cette loi permettait au gouvernement d'acheter et de revendre à la Compagnie Richelieu l'outillage nécessaire à l'établissement d'une raffinerie. Le gouvernement s'engage à verser le premier acompte de 25 000$ sur l'outillage de la Rock County. En juin 1941, devant le peu d'intérêt des directeurs de la compagnie à financer l'achat de l'outillage, on abandonna le projet Richelieu pour prendre l'affaire en main comme entreprise d'État.

Le gouvernement engage l'ingénieur Paul Merker pour diriger le démontage de l'usine de Janesville, préparer les plans de la future usine à Saint-Hilaire et en surveiller l'exécution. Les travaux de démontage débutèrent dans la première quinzaine d'octobre 1941 et, un mois plus tard, les premiers wagons de machinerie arrivaient à Saint-Hilaire. La construction devait commencer au printemps de 1942. On était en pleine guerre et l'acier de structure était très rare. Il fallut se retourner sur de l'acier d'armature. Pour cela l'on acheta toutes les constructions de Janesville pour en obtenir l'acier requis pour la nouvelle usine. L'usine fut construite en 1944 et ouvrit ses portes en octobre. Le gouvernement dépensa les sommes nécessaires pour l'achat de matériel et payer des instructeurs pour suivre les producteurs de betteraves. Il fallait asseoir cette industrie sur des bases solides et gagner la confiance des cultivateurs.

À l'automne de 1944, la raffinerie fonctionne. C?est une très belle usine, plus moderne que l'ancienne usine de Janesville. La raffinerie de Saint-Hilaire pouvait transformer 120 000 tonnes de betteraves par année. L'addition d'une batterie de diffusion continue en fit un modèle unique au Canada. Lorsque fut mise en fonction la nouvelle usine de Saint-Hilaire, plusieurs y voyaient un avenir prometteur, à condition de la faire fonctionner à plein régime.

 — Alain Côté, 1999
Champ de bettraves à sucre. SHBMSH, fonds Michel-Clerk.
Champ de bettraves à sucre. SHBMSH, fonds Michel-Clerk.
La raffinerie de sucre. SHBMSH, fonds Michel-Clerk.
La raffinerie de sucre. SHBMSH, fonds Michel-Clerk.

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